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  • Curieux titre, n’est-ce pas? Je l’emprunte à  l’association lab-elle, laboratoire pour elle– à  but non-lucratif, dont l’objectif est d’œuvrer pour une attention soutenue aux potentiels féminins dans le domaine de la littérature enfantine et de rendre visibles les albums allant dans ce sens. Si vous avez des petites filles dans votre entourage, si vous offrez des livres, voici quelques informations utiles. Si vous êtes à  Genève le 22 novembre à  11 heures, la librairie l’inédite à  Carouge, Anne Dafflon Novelle présentera les livres pour la jeunesse « lab-elle »

    Qu’est-ce que la-belle ?

    L’association la-belle attribue un label aux «albums attentifs aux potentiels féminins» pour attirer l’attention de toutes les personnes en contact avec la littérature enfantine (0 à  10 ans) sur le fait que les livres pour enfants véhiculent encore des représentations stéréotypées du masculin et du féminin. (Voir les critères d’attribution)
    L’analyse des albums illustrés pour enfants publiés récemment met en évidence des asymétries entre héroïnes et héros dans les livres pour enfants. Beaucoup de représentations proposées aux enfants dans les illustrations et les textes ne correspondent pas à  la réalité vécue par la majorité des familles et ne contribuent pas à  soutenir une vision progressiste de la société.

    Les adultes considèrent encore le masculin comme le sexe par défaut, ils pensent que les histoires avec un héros conviennent tant pour les filles que pour les garçons, c’est faux ! Les filles préfèrent les histoires avec des héroïnes mises en scène dans des rôles valorisés et variés, tout comme les garçons préfèrent les histoires avec des héros.

    L’analyse des albums illustrés pour enfants publiés récemment met en évidence globalement 2 x plus de héros que d’héroïnes et 10 x plus de héros-animaux que d’héroïnes-animales. L’analyse montre

    • des héroïnes et des personnages féminins
      • présents dans un intérieur et/ou dans des lieux privés
      • avec de jeunes soeurs et frères
      • dans des rôles domestiques ou maternants
      • dans des rôles passifs ou d’observation
      • illustrés avec une surabondance d’accessoires typiquement féminins

      des femmes

      • essentiellement présentées dans des rôles familiaux [mère et grand-mère]
      • exécutant des tâches domestiques ou des devoirs parentaux [amener les enfants à  l'école , donner le bain...]
      • très rarement présentées dans le monde professionnel ou alors exerçant des professions peu variées et stéréotypées [enseignement, vente, soins]
    • des héros et des personnages masculins
      • faisant du sport ou des bêtises
      • dans des rôles actifs et courageux
      • dessinés de façon neutre/asexuée

      des hommes

    • présentés dans des rôles professionnels et familiaux
    • exécutant des activités récréatives individuelles ou avec les enfants [lecture,  sports...]
    • présentés dans des rôles professionnels variés et valorisés [médecin, architecte...]

    Ses asymétries entre héroïnes et héros dans les livres pour enfants peut entraîner chez les filles des choix professionnels stéréotypés et limités, une ouverture restreinte sur la sphère publique et une confiance en soi réduite.

    la princesse et le dragon

    La princesse et le dragon

    Elisabeth et son fiancé ont tout pour être heureux, ils vont bientôt se marier, mais voilà  que le jeune prince est enlevé par un dragon. Elisabeth prend son courage à  deux mains, traverse la forêt profonde et part à  la recherche de son fiancé. Mais quelle sera sa réaction face à  Elisabeth toute décoiffée avec des habits déchirés?

    Munsch Robert et Martchenko Michael | Editions Talents hauts 2005

    Pour en savoir plus

    Mise à  jour (24 novembre 2008)

    • Editions Talents Hauts, éditeur de Quand Lulu sera grande, dont l’auteur Fred L. est l’inventeur du slogan « Les filles aussi chassent les dragons » (cf commentaire de ce billet)

  • zaida_grand.jpgDepuis ma tendre enfance, je reçois au moins un livre à  Noël, et j’adore ça!
    Cette année, ce fut un gros pavé de 500 pages Zaïda, Anne Cuneo, roman, chez Bernard Campiche Editeur. Avec un livre, on voyage, et celui-ci nous emmène en Angleterre, Suisse, Italie, Zurich, Milan. Le fil rouge est l’histoire de Zaïda, femme médecin qui fut une des premières à  exercer ce métier jusque là  masculin. On la suit à  travers ses drames personnels et ceux de son époque : les deux guerres mondiales, les épidémies, la grippe espagnole qui fit tant de ravages, les destructions, les déportations, les victimes du syndrome post-traumatique, qui ne portait pas encore ce nom en ces temps-là  mais qui était une réalité pour ceux qui échappaient à  la mort mais qui ne revenaient pas indemne.

    Anne Cuneo dit avoir écrit un roman, pas une biographie, ni même une « romance » comme elle l’explique aujourd’hui dans un article sur cuk.ch :

    J’ai bien commencé de manière classique: le coup de foudre entre les deux protagonistes. [...] Et soudain mon héroïne, Zaïda, a pris le pouvoir. C’est la chance la plus fantastique, pour un auteur, de se retrouver dans la position de devoir écrire ce que le héros lui dicte. Comme c’est un processus difficile sinon impossible à  expliquer, je ne tenterai même pas d’aller au-delà  de la constatation.

    Je me suis dit que Zaïda pourrait étudier la médecine, et j’étais presque sûre que pour faire cela, il faudrait que je la fasse aller à  Paris ou à  Vienne. Et puis j’ai découvert qu’en 1880, la seule université au monde où les femmes fussent admises de plein droit était celle de Zurich, une ville que je connais bien, dont au fil de dizaines de reportages j’ai étudié le passé. Et dès que je me suis mise à  chercher du côté du quotidien des étudiantes en médecine, je suis tombée sur la biographie de la première femme médecin suisse, le Dr Maria Heim-Vögtlin, qui décrit ce temps-là .

    Ce livre, je l’ai lu d’une traite, un week-end maussade. Je vous en conseille la lecture, si comme moi vous aimez les voyages et les histoires « vraies » même celles qui sont inventées ;-)

  • A l’occasion de la publication de ce billet, j’ai tiré de ma bibliothèque les Lettres à  Nelson Algren et m’y suis replongée avec délices. Je trouve certaines de ses lettres incroyablement modernes. Modernes aussi ses lignes du Deuxième sexe, paru en 1949 :

    [...] la femme d’aujourd’hui est écartelée entre le passé et l’avenir ; elle apparaît le plus souvent comme une « vraie femme » déguisée en homme, et elle se sent mal à  l’aise aussi bien dans sa chair de femme que dans son habit masculin. Il faut qu’elle fasse peau neuve et qu’elle se taille ses propres vêtements. Elle ne saurait y parvenir que grâce à  une évolution collective.

    A lire aussi, sur lignes de fuite, un excellent billet intitulé les fesses de Sartre à  propos de la fameuse photo de Simone de Beauvoir parue à  la une du Nouvel Obs et sur Le bloc du désordre , une analyse de ce traitement d’image par Philippe de jonckheere. Via mots d’image.
    image-8.png

    Crédit photo : Simone de Beauvoir [en portugais]

  • Que faire lorsque sa bibliothèque déborde de livres qui ont envahi tout l’espace qui leur était réservé? Victimes de notre passion de lecture, tôt ou tard il faut trouver une solution, si le déménagement n’est pas envisageable!

    Un jour par hasard je suis entrée dans une librairie située Rue Jean Violette à  Genève. Une petite affiche disait (je cite de mémoire) :

    « Déterminez le nombre de livres de votre bibliothèque idéale (300, 600, 1500, 3000 peu importe) Faites en sorte de ne jamais dépasser ce nombre. Chaque ajout entraîne la sortie du même nombre de bouquins. »

    J’ai trouvé l’idée excellente et j’essaie d’appliquer ce principe depuis.

    Oui mais voilà , que faire des livres « en trop » ? On peut les donner, les offrir, les échanger et pourquoi pas les recycler, c’est-à -dire les revendre pour en acheter d’autres. C’est le principe de cette libraire genevoise au nom évocateur Les Recyclables, qui se trouve aujourd’hui 53 Rue de Carouge. Les Recyclables achètent des livres récents, à  des prix variables. Pas la peine de leur apporter vos vieilleries datant du siècle passé!

    Les RecyclablesLe problème c’est qu’ils croulent sous les bouquins, il y a plus de vendeurs que d’acheteurs! J’essaie depuis des mois de leur apporter quelques sacs de livres, sans succès, les rayonnages sont pleins, ils croulent sous les arrivages. Vous qui aimez lire, allez y faire un tour, faites-y vos achats de Noël, offrez des bons d’achats, achetez en ligne! Ainsi, il y a aura enfin un peu de place pour mes bouquins ;-) Si l »endroit n’est hélas pas aussi convivial qu’il l’était à  la Rue Jean Violette, l’espace est aussi un café-restaurant non-fumeur et on peut y manger de bons plats du jour. Le soir, il y a parfois des animations culturelles. Et surtout, on trouve de très bons livres à  de très bon prix. (- 40 à  50 %)

    Autres adresses

    • Genève : la Trocante, 15 bis Rue des Gares, dans une allée insolite, qu’on peut voir sur ces très jolies photos La Trocante reprend aussi des livres, pour 1/6 du prix. On peut leur soumettre une liste de livres qu’on souhaite vendre.
    • Paris : Librairie M.R, 4 Rue des écoles, Paris 5è (Métro Jussieu ou Cardinal Lemoine) Les livres neufs et récents à  30 ou 40%. C’est un endroit incontournable de mes passages à  Paris, une vraie Caverne d’Ali Baba! Dans la même rue, de nombreuses librairies vous tenteront!

    Evidemment, on peut aussi mettre ses livres en vente sur E-Bay ou Ricardo.ch, mais ce n’est pas gratuit, la vente n’est pas garantie et ça vous prendra du temps. Quant aux vieux livres invendables, les offrir à  une oeuvre d’entraide fera toujours des heureux!