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Derrière le Nid d’oiseau du stade olympique de Pékin

2740848158 904b405ebf m Derrière le Nid doiseau du stade olympique de Pékin

Derrière ce magnifique stade Nid d’oiseau (Bird’s nest) que le monde entier a découvert lors de la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques,  il y a deux extraordinaires architectes suisses Jacques Herzog et Pierre de Meuron, de Bâle. Un documentaire Bird’s nest  Herzog & de Meuron en Chine retrace leur épopée et sera diffusé le lundi 11 août à  0h10 sur ARTE.

Il y a aussi  son concepteur artistique, l’architecte et designer chinois Ai Weiwei, dont on parle ces jours sur la toile. On parle de lui parce qu’il a exercé sa « liberté de choix » : il n’a pas assisté à  la cérémonie d’ouverture des jeux. Il s’en est expliqué dans une interview au Gardian, Why I’ll stay away from the opening ceremony of the Olympics,  interview traduite en français.

Lisons et écoutons ce que les Chinois ont à  dire, et pas uniquement les avis et commentaires des journalistes et des « experts » occidentaux. Ils ont du mal à  saisir la réalité chinoise.

Quelques extraits

Sous le regard de la planète, la Chine se fondra dans un tout plus large, dans l’humanité. Le monde se sent soudainement plus petit et plus proche.

Ce festival coloré n’est pas qu’un temps de fête mais aussi un temps pour la paix et l’amitié. Pour redécouvrir notre futur, nous devrions juste dire au revoir à  notre passé. Nous devons dire adieu à  l’autocratie.

Le nid d’oiseau, que j’ai aidé à Â  construire, doit magnifier l’esprit olympique et la compétition juste. Il dit aux hommes que la liberté est possible mais qu’elle a besoin de courage et de volonté. Suivant les mêmes principes, je n’assisterai pas à  la cérémonie d’ouverture car je crois que la liberté de choix est la base d’une compétition juste. Le droit auquel je crois le plus. Si nous le voulons, les Jeux [today] peu(ven)t être un moment de courage, d’espoir et de passion. Ce jour permettra de nous questionner sur notre foi en la race humaine et dans notre détermination à  construire un meilleur futur. « 

The « Bird’s Nest » National Stadium, which I helped to conceive, is designed to embody the Olympic spirit of « fair competition ». It tells people that freedom is possible but needs fairness, courage and strength. Following the same principles, I will stay away from the opening ceremony, because I believe the freedom of choice is the basis of fair competition. It is the right I cherish most.

Maybe China and its people will further realize that today’s world cannot be divided. China has common political, cultural and economic interests with the rest of the world. The only way for it to produce wonders is to leave behind its ideologies, and to become a free society.

Pour en savoir plus

Photos

Credit photo: Bird’s Nest for the opening ceremony of the Beijing 2008 Olympic Games Mise en ligne par Meiguoxing

Gengis Khan à  Genève, derniers jours

orphelin de la chine de voltaire mail1 Gengis Khan à  Genève, derniers joursVous êtes libre 23, 24 ou 25 avril? Vous êtes à  Genève ou dans les environs? Courez voir « L’Orphelin de la Chine », au théâtre Les Salons, pièce en cinq actes de Voltaire, présenté par le Théâtre Les 50

Je n’ai pas encore vu le spectacle, mais on m’en a dit le plus grand bien!

Réservations :
Théâtre Les 50
Tél. +33 (0)4 50 56 37 77
Théâtres et Offices du Tourisme
E
Mail – les50@free.fr

Plan d’accès

Le temps est celui de Temujin, appelé aussi Gengis Khan, lors de sa conquête de Pékin en l’année 1215.

Gengis Khan a résolu d’exterminer la dynastie vaincue en tuant le dernier fils de l’empereur. Or celui-ci est sauvé par le mandarin Zamti qui lui substitue son propre enfant. Son épouse, Idamé, arrache son fils au bourreau….

Peut-être faut-il abandonner les jeux du pouvoir. Voici l’un des enjeux des personnages de l’Orphelin de la Chine.

L’autre est de nous prouver que la culture peut faire reculer la barbarie. Le thème et les personnages sont redevenus contemporains pour notre plus grand étonnement et pour notre plus grand plaisir.

Frédéric Desbordes, metteur en scène

En pendant ce temps, au Tibet…

On manifeste, on réprime, on se tait, on meurt. D’ici, on ne peut que s’informer et informer, dérisoire action!

freetibet En pendant ce temps, au Tibet...

Pour en savoir plus

Beaux seins, belles fesses

moyan bsbf.thumbnail Beaux seins, belles fessesEh non, ce billet ne traite pas du concours des plus belles fesses, mais de littérature!

Dans le cadre de la dernière Fureur de lire à  Genève, j’ai eu la chance d’entendre l’écrivain Chinois Mo Yan, dans une conférence avec ses traducteurs Liliane et Noël Dutrait, de l’Université de Provence. La présentation a eu lieu dans le très joli Musée des Arts asiatiques, Collections Baur, devant un auditoire d’une soixantaine de personnes, à  90% féminin ;-)

Cette rencontre était passionnante à  plus d’un titre. L’écrivain décrivit son parcours, expliqua comment il écrivait, dévoila un peu de son passé. S’il décrit aussi bien les scènes de la vie rurale, la vie des animaux, c’est qu’il a passé de longues heures à  garder les troupeaux. Grand lecteur, il a lu tous les classiques de la littérature chinoise et étrangère. Voltaire n’aurait plus de secret pour lui! Ses romans, il les a d’abord écrit dans sa tête, dans les nombreuses heures durant lesquelles il montait la garde du temps où il était dans l’armée chinoise. Il écrit désormais à  la main, délaissant les ordinateurs offerts généreusement par des constructeurs informatiques, parce qu’il va plus vite avec un stylo. Au début de sa carrière d’écrivain, les auteurs chinois étaient rémunérés au nombre de caractères. Ce n’est plus le cas aujourd’hui!

Les deux traducteurs ont expliqué leur méthode de travail, décrit les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Ils font partie des traducteurs qui ne se contentent pas de traduire une langue, mais défendent la position créatrice du traducteur. Traduit littéralement, l’ouvrage de Mo Yan aurait dû s’intituler « Gros seins, grosses fesses » mais à  la dernière minute d’entente avec l’éditeur, ils ont préféré une version plus « soft » qui passe mieux en français! La version française de ce roman comprend par ailleurs des parties inédites, censurées dans la version originale.

Dans cette interview parue en 2004 dans l’Humanité, Mo Yan, paysan affamé, devenu écrivain grâce à  l’armée dans laquelle il entra en 1976, explique son parcours.

Beaux seins, belles fesses est un beau et long roman qui raconte l’attachement d’un petit garçon, dernier né d’une famille de 8 filles, pour les seins de sa mère. Il raconte aussi le monde rural chinois, la situation de la Chine, tout au long du XXème siècle. Les notes de lecture sur le blog de Laurent celles sur En noir et bleu ou encore sur Lecture & Ecriture donnent vraiment envie de découvrir le livre durant les prochaines vacances.

Le titre n’est pas seulement dû à  la fixette sexuelle du fils de cette famille aux mâles si peu reluisants. Beaux seins, belles fesses, ce sont les caractéristiques des filles de la famille Shangguan. Et quelles filles ! D’abord, il y en a eu 8, pour un seul fils, alors que seul le garçon était désiré, au point que les noms des filles étaient tous synonymes de «en attendant le garçon» ou «pour faire venir le garçon» etc. et quand il fut venu, le garçon… eh bien, je vous dirai seulement qu’elles n’ont pas été déçues.

Toutes plus extraordinaires aussi les unes que les autres, ces huit soeurs. Quand elles ne sont pas Immortelles Oiseau (avec un succès relatif), elles épousent des hommes hors du commun. C’est sans doute pour faire pendant à  leur mère qui est vraiment loin, bien loin d’être n’importe qui.

Ce roman fleuve, saga familiale, semble être le récit de la vie de ce fils. Il semble être raconté par lui (par moment) ou par quelqu’un qui serait près de lui, mais en fait, si on y réfléchit bien je soutiens que c’est plutôt le récit de la vie de sa mère, et en second lieu de ses soeurs et encore, le récit de la vie en Chine durant ces terribles presque cent ans. Tout est raconté sans commentaire. Yan Mo nous livre l’histoire. C’est à  nous de voir ce que nous pensons de tout cela.

La Fureur de lire

visuelhome La Fureur de lireCe week-end, Genève a sa Fureur de lire, contrairement à  la Belgique, où comme en France avec Lire en fête cet événement consacré à  la littérature n’aura lieu qu’à  partir du 17 octobre.

Cette année, c’est l’Orient qui est est à  l’honneur, avec le Japon mystérieux, la Chine impénétrable et l’Inde secrète, comme le veulent les clichés! Répartis dans 18 librairies de la ville, à  la Maison communale de Plainpalais, dans des musées, les diverses lectures, séances de signatures, présentations et entretiens avec des auteurs et traducteurs sont proposés.

Dimanche, un marché aux puces des livres est organisé, l’occasion de faire le plein de livres pour l’hiver. Je vais essayer de trouver mon chemin dans les méandres du programme du jour.

Quelques liens