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Le Temps s’écrit au féminin

«Un jour ou l’autre, le temps vous donnera raison» était un des premiers slogans du journal suisse Le Temps lors de son lancement. Il fête aujourd’hui ses 10 ans et donne la parole à  une soixantaine de femmes d’influence qui ont écrit l’édition de ce 4 février 2008.

Un éditorial « présidentiel », des enquêtes, des reportages, des points de vue féminin sur le monde, des vidéos montées avec humour par une journaliste, un ensemble vraiment intéressant qu’on peut télécharger gratuitement au format PDF, une fois n’est pas coutume!

Verra-t-on dans 10 ans une journée « homme » parce que d’ici là  tous les postes à  responsabilité au Temps auront été confiés à  des femmes ? On peut rêver!

Via Romanding.ch / Patoune Media

Simone de Beauvoir hier et aujourd’hui

A l’occasion de la publication de ce billet, j’ai tiré de ma bibliothèque les Lettres à  Nelson Algren et m’y suis replongée avec délices. Je trouve certaines de ses lettres incroyablement modernes. Modernes aussi ses lignes du Deuxième sexe, paru en 1949 :

[...] la femme d’aujourd’hui est écartelée entre le passé et l’avenir ; elle apparaît le plus souvent comme une « vraie femme » déguisée en homme, et elle se sent mal à  l’aise aussi bien dans sa chair de femme que dans son habit masculin. Il faut qu’elle fasse peau neuve et qu’elle se taille ses propres vêtements. Elle ne saurait y parvenir que grâce à  une évolution collective.

A lire aussi, sur lignes de fuite, un excellent billet intitulé les fesses de Sartre à  propos de la fameuse photo de Simone de Beauvoir parue à  la une du Nouvel Obs et sur Le bloc du désordre , une analyse de ce traitement d’image par Philippe de jonckheere. Via mots d’image.
image 8 Simone de Beauvoir hier et aujourdhui

Crédit photo : Simone de Beauvoir [en portugais]

Les nouvelles de Paule Mangeat

Côté Rue

Elle a beaucoup de chance, Mademoiselle J,  fille au pair Allemande de Madame Poppins. Grâce aux lecteurs du blog de sa patronne, elle aura la chance d’analyser un texte de Paule Mangeat. Elle cherchait « un texte qui semble intéressant mais qu’elle trouverais très difficile » pour son prochain cours de français. J’avais suggéré la lettre, écrite par Paule Mangeat, lettre couronnée du premier prix au concours épistolaire organisé dans le cadre de la Fureur de lire par l’Association « Et si on s’écriv@it » en 2005 et c’est ce texte qu’elle a choisi. Excellent choix Mademoiselle J. ;-)

coterue Les nouvelles de Paule MangeatMais qui est Paule Mangeat? Je ne la connaissais pas avant de la rencontrer lors de la dernière Fureur de lire à  Genève. Elle y présentait son premier recueil de nouvelles Côté Rue édité chez faim de siècle & cousu mouche, recueil que j’ai acheté lors du vernissage et c’est mon coup de cœur littéraire!

J’ai tout simplement adoré ce livre et je vous le recommande. J’ai été séduite par le style, le rythme, l’humour, souvent noir, la poésie et la vision du monde sans complaisance de Paule Mangeat. Elle s’inspire de la rue, des personnages et situations qu’elle voit autour d’elle, des terrasses de bistrot et bars de la Genève vivante, colorée et déjantée, et ça « s’entend »! Côté Rue , c’est un très beau livre, imprimé sur du beau papier, agréable et sensuel au toucher. La photo de couverture est de Jan Turnbull et zedrus a écrit une magnifique préface :

[...] Lire P n’est pas sans danger, c’est l’irréel qui s’en mêle, c’est l’étincelle intelligente, une pente savoureuse, une porte de prison qui sait plaisanter, un bonbon, une farce qui nous rattrape. C’est mauvais pour la santé comme tout ce qui est bon. Le priapisme cérébral rôde, érodant le reste de nos habitudes. Avec P on pense que le sens interdit, unique, mène à  l’impasse du paradis.

Quelques extraits

« Je n’y avais pas cru. Pourtant trois personnes me l’avaient dit. Leurs annonces avaient été sensiblement les mêmes, mais l’une d’elle avait cru bon de devoir ajouter trois mots à  la fin de sa phrase : Je suis désolée. Votre mari est mort, je suis désolée. »

« Elle vit le pain. Elle vit la couverture. Elle vit les gestes simples porter l’espoir. Elle vit un jeune garçon rire et taper des mains, une jeune garçon que les villageois n’avaient pas laissé tomber après la mort de sa mère, elle vit le maire qui avait besoin de tendresse, le curé qui avait besoin d’amour, les hommes et les femmes du village qui avaient besoin de rire. Elle vit qu’elle avait besoin de rire. Elle vit qu’elle avait besoin d’eux aussi, besoin de remplacer un atroce souvenir par mille beaux souvenirs. »

« Elle était nue sur le lit. Ça l’avait surpris. La plupart des filles minaudaient beaucoup avant d’enlever leurs habits. Ils les aimaient bourgeoises et un peu coincées. Si possible croyantes, pratiquantes était la cerise sur le gâteau. Il fallait qu’il les mette en confiance, qu’il leur parle longuement et doucement. Qu’il commence par dessiner leur visage plusieurs fois. Des portraits croqués sur le vif. Trois traits. Un sourire dessiné comme un cœur. Les filles aiment les cœurs. »

« Je vais te manger mon petit chéri. Une bouchée de tes pieds. Une bouchée de tes lâchetés. Je vais te manger mon petit chéri. »

Alphonse, Sismondi m’était contée, les Cannes, l’Artiste, Dissous dans l’acide, la faim d’un amour, Mamasac, le manifeste d’une femme du XXIème siècle, sont les titres évocateurs des nouvelles de Paule Mangeat, une jeune auteure à  découvrir et dont on reparlera, j’en suis certaine. J’espère qu’on la trouve chez les libraires, en Suisse et dans toute la Francophonie, elle le mérite!

Un blog de filles pour vous Messieurs

Je ne sais pas trop ce qu’est un « blog de filles » ou « blog de nanas » comme dit Madame Poppins. Est-ce un blog fait par une fille ou pour les filles? Est-ce que les messieurs lisent les blogs de filles ? Je ne sais pas non plus si mes lecteurs sont des nanas ou des mecs, va falloir que je lance une enquête!

Homme ou Femme, on se délecte à  la lecture de ce billet, où Madame Poppins écrit entre autres :

J’ai repensé à  toutes ces petites et grandes choses que vous faites pour nous. Tous les jours.

Ca commence très jeune, ces choses. La première, c’est vers l’âge de quatre ans, lorsque vous tentez de comprendre en quoi habiller et bercer une petite poupée, la promener dans une poussette rose à  volants blancs peut présenter le moindre intérêt, alors que votre vélo dort contre un mur et que votre déguisement de pirate est caché dans une malle parce qu’il fait peur à  Anaïs.

Ensuite, vers sept ans, parce que Charlotte n’aime pas grimper aux arbres, vous passez des heures dans le bac à  sable, sans lancer de sable justement, rien que pour être avec elle, tandis que vos copains tapent ou dans un ballon ou sur un autre petit copain, art dans lequel vous excellez pourtant, au grand désespoir de votre mère.

 Un blog de filles pour vous Messieurs

« Juliette, » 4 ans, pirate et footballeuse ;-)

Photo publiée avec l’accord de sa maman, prouvant que les petites filles ne jouent pas seulement avec leurs poupées et qu’elles n’ont pas uniquement des robes de princesse!