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Tehelka : pour comprendre ce qui se passe en Inde

image 5 Tehelka : pour comprendre ce qui se passe en IndeTehelka sort aujourd’hui un numéro spécial sur les attentats de Mumbai. « Why We Will Be Hit Again ». Au-delà  de l’information instantanée diffusée sur CNN ou Twitter, la lecture d’un magazine comme Tehlka est indispensable pour approfondir un sujet complexe. Tehlka peut se lire en ligne gratuitement après enregistrement.

Dans un éditorial remarquable de lucidité et intitulé : Death Of A Salesman And Other Elite Ironies, Tarun Tejpal décortique la situation dans laquelle se trouve son pays face au terrorisme et en analyse les causes. A travers l’histoire d’un des collaborateurs du journal Rohinton Maloo abattu par les terroristes, il explique la situation tragique dans laquelle se trouvent des millions d’Indiens que semblent seulement découvrir les élites du pays. « What the elite is discovering today is an acidic truth ordinary Indians are forced to swallow everyday. »

[...] He was killed by what he set very little store by. In his every meeting with us, he was bemused and baffled by TEHELKA’s obsessive engagement with politics. He was quite sure no one of his class ” our class” was interested in the subject. Politics happened elsewhere, a regrettable business carried out by unsavoury characters. Mostly, it had nothing to do with our lives. Eventually, sitting through our political ranting, he came to grudgingly accept we may have some kind of a case. But he remained unconvinced of its commercial viability. Our kind of readers were interested in other things, which were germane to their lives ” food, films, cricket, fashion, gizmos, television, health and the strategies of seduction. Politics, at best, was something they endured. In the end, politics killed Rohinton, and a few hundred other innocents.

[...] Let’s be clear we are not in a crisis because the Taj hotel was gutted. We are in a crisis because six years after 2,000 Muslims were slaughtered in Gujarat there is still no sign of justice. This is the second thing the elite need to understand — after the obscenity of gross inequality. The plinth of every society « since the beginning of Man” has been set on the notion of justice. You cannot light candles for just those of your class and creed. You have to strike a blow for every wronged citizen.

[...] I wish Rohinton had survived the lottery of death in Mumbai last week. In an instant, he would have understood what we always went on about. India’s crying need is not economic tinkering or social engineering. It is a political overhaul, a political cleansing. As it once did to create a free nation, India’s elite should start getting its hands dirty so they can get a clean country.

Version française traduite par Google Translate

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L’Inde, puissance mondiale

image 7 LInde, puissance mondialeL’Inde, future puissance mondiale ? tel était le titre du Festival Medias Nord Sud à  Genève en 2007. Un an plus tard, l’Inde, membre du G20 était présente au sommet de  Washington, alors que la Suisse n’était pas invitée… Le point d’interrogation n’est plus d’actualité!

J’aurais bien aimé participer aux Rencontres de Jaipur, dans le cadre de la célébration du 60ème anniversaire du Traité ‘Amitié entre l’Inde et la Suisse, du 15 au 20 novembre 2008.

Mises sur pied par le Forum International Medias Nord Sud (FIMNS), la Confédération Suisse, et l’Ambassade de Suisse à  New Delhi, elles se veulent être une plate-forme d’échanges entre les deux pays dans le domaine de la formation, du développement, de la science et de la culture. L’objectif de ces rencontres est d’illustrer la multiplicité des formes de partenariat et d’échanges entre l’Inde et la Suisse en organisant une semaine de rencontres sous différentes formes.

Ces rencontres, dirigées par Jean-Philippe Rapp, cherchent les points de convergence entre la Suisse et l’Inde pour analyser ensemble des problématiques actuelles et réfléchir au développement durable et à  la durabilité des liens.

Dans une interview donnée à  Medialogues sur la RSR, Neel Rapp-Singh, journaliste et coordinatrice du forum, souligne notamment la grande liberté de de la presse indienne, comparée à  la Suisse. La liberté de la presse en Inde et en Suisse est d’ailleurs un des thèmes abordés dans les colloques de ces rencontres.

L’an dernier à  Genève, nous avions pu déjà  remarquer l’excellence de la presse d’investigation, représentée par Tarun Tejpal, rédacteur en chef du journal Tehlka, dont la version en anglais est consultable en ligne gratuitement. Le ton de la presse indienne, les photos de presse, sont très différents de ce qu’on lit et qu’on voit dans la presse suisse. C’est plus violent, plus cru, plus direct, plus épicé, comme la vie en Inde.

Pour en savoir plus

Tarun Tejpal, écrivain (2)

taruntepjal2.thumbnail Tarun Tejpal, écrivain (2)Tarun Tejpal n’est pas seulement un excellent journaliste, rédacteur en chef et fondateur du magazine d’investigation Tehelka, c’est aussi un écrivain talentueux. Je l’ai découvert en début d’année, tout à  fait par hasard en choisissant son livre Loin de Chandigarh au rayon littérature étrangère d’une librairie genevoise. Je n’avais pas suivi son parcours, je n’avais lu aucun article sur cet ouvrage, honte à  moi, car ils étaient nombreux sur le web, depuis longtemps. Attention : ce livre est de ceux que l’on ne lâche pas, de ceux que l’on emporte partout avec soi, de ceux avec lesquels on veille tard dans la nuit, de ceux que l’on dévore et surtout que l’on n’oublie pas.

Loin de Chandigarh – The Alchemy of Desire

« L’alchimie du désir » est un titre plus évocateur du contenu du livre que ce « loin de Chandigarh«  un peu énigmatique mais combien « exotique »! Chandigarh, rien que ce nom fait rêver. Début du roman: « L‘amour n’est pas le ciment le plus fort entre deux êtres. C’est le sexe«  et il se termine par « Le sexe n’est pas le ciment le plus fort entre deux êtres. C’est l’amour… »

Entre ces deux affirmations, un long voyage dans l’Inde des années 1990, durant lequel on partage la vie d’un journaliste écrivain raté, sa relation passionnelle avec sa femme Fizz, leur nouvelle maison et ce journal intime qui va obséder le personnage principal jusqu’à  l’engloutir. Le récit est vif, imagé, rythmé, sensuel et plein d’humour. En voici un court extrait, lecture effectuée par le directeur du théâtre Pitoeff, à  Genève lors de la dernière Fureur de lire. L’auteur était venu présenter son ouvrage et participer à  une table ronde consacré au roman indien à  laquelle j’ai eu la chance d’assister.

Pour en savoir plus

Tarun Tejpal, journaliste (1)

taruntepjal Tarun Tejpal, journaliste (1) Le nom de Tarun Tejpal ne vous dit peut-être rien? Peu connu du grand public, il est désormais une vedette en Suisse romande! Il vient de remporter le Prix international des médias, offert par la Fondation pour Genève, pour son hebdomadaire « Tehelka » paraissant en anglais et en indhi à  New Delhi. Le jury a souligné « la qualité des investigations menées, l’indépendance du journal, financé par ses lecteurs, ainsi que le courage et la ténacité de son fondateur ».

Qui est Tarun Tejpal?

Invité par Reporter Sans Frontières suisses à  l’occasion de la Fureur de Lire à  Genève, on a pu le découvrir et en savoir plus sur son action.

Tarun Tejpal est le fondateur et rédacteur en chef du site web Tehelka et l’hebdomadaire d’investigation portant le même nom, dont les enquêtes sur la corruption du gouvernement ou les travers de la société indienne ont secoué le pays. En 2002, un reportage de Tehelka révèle ainsi un système de corruption liée à  l’achat d’armes et remontant au plus haut niveau. Le scandale est énorme. Le ministre de la défense doit démissionner. Dès la publication de l’enquête, Tehelka et Tarun Tejpal subissent une intense campagne de dénigrement, assortie d’actions en justice à  répétition. Suite à  une perquisition en règle des locaux, deux journalistes, accusés sur des fausses preuves, sont emprisonnés.

Tehelka est au bord du gouffre financier et doit licencier presque la totalité de son personnel. Reporters sans frontières aura alors l’occasion de dénoncer plusieurs fois cet incroyable harcèlement judiciaire. Depuis lors, Tarun Tejpal est parvenu à  redresser la situation. Tehelka est plus incisif que jamais et son directeur a en outre publié un premier roman, intitulé Loin de Chandigarh, qui est devenu un best-seller international.

Tehelka c’est du journalisme d’investigation, une presse engagée et libre, comme on aimerait bien avoir en Suisse! « You cannot change the truth, but the truth can change you ». Lire Tehelka permet de comprendre un tout petit peu la réalité de l’Inde et surtout d’avoir un autre regard sur le monde, vu d’ailleurs. Depuis peu, Tarun l’a annoncé lors de la Fureur de lire, le journal paraît en Indhi , car « The truth states the same in different languages ».

J’ai eu l’occasion d’entendre Tarun Tejpal à  plusieurs reprises ces derniers jours, à  la Fureur de lire et au Festival international Medias Nord sud. Ce fut un vrai plaisir et j’en sors enrichie. Tarun Tejpal étant également écrivain, je parle de l’autre facette de cet homme passionnant dans ce billet.