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Que racontent les blogs dans d’autres langues ?

Une nouvelle a circulé cette semaine dans la blogosphère : Google Reader permet d’un simple clic de traduire un flux RSS (les annonces de mises à  jour d’un site web) Il devient dès lors possible de savoir ce qui se raconte sur d’autres blogs, ailleurs dans le monde. Certes, la traduction de Google Translate n’est pas parfaite, mais c’est tout à  fait suffisant pour comprendre le sujet traité.

Si comme moi vous souhaitez connaître les sujets d’intérêt des blogosphères autres que francophones ou anglophone, lire les journaux du monde entier, faire de la veille sur un thème dans plusieurs langues, vous devriez essayer cette fonction dont voici l’explication à  travers un cas pratique.

Traduction automatique d’un flux RSS du vietnamien en français

Exemple : Je souhaite suivre la situation suite aux inondations au Vietnam et je ne lis pas le vietnamien. Le site VN Express publie de nombreux articles avec des photos spectaculaires, par exemple à  Hanoi. Pour comprendre le texte, il suffit de  faire traduire le flux RSS (les mises à  jour) par Google Reader.
Voici la démarche en 4 étapes

1. Configurer votre navigateur et ouvrir Google Reader

Si vous ne connaissez pas Google Reader, suivre ce mode d’emploi

2. S’abonner au flux du blog VN Express

  • Aller sur VN Express
  • Choisir le chapitre qui vous intéresse, par exemple Xa Hoi, (société)
    image 35 300x129 Que racontent les blogs dans dautres langues ?
  • Cliquer sur l’icône du flux RSS qui conduit à  ce flux
  • Choisir Google comme lecteur, puis Ajouter à  Google Readerimage 36 Que racontent les blogs dans dautres langues ?
  • image 39 Que racontent les blogs dans dautres langues ?

3. Activer la traduction

  • Dans Google Reader, dans les paramètres du flux sélectionner traduire dans votre langue
    image 46 Que racontent les blogs dans dautres langues ?
  • Le flux est désormais en français.
  • Si vous cliquez sur le lien, l’article en entier sera traduit automatiquement par Google Translate.

Certes, le texte en français n’est pas parfait, mais ça permet de comprendre de quoi parle l’article et les légendes sous les photos. Je trouve cette fonction très très intéressante, pour découvrir d’autres cultures et d’autres visions des monde. Essayez avec des blogs en russe, en chinois, en japonais, ou n’importe quelle autre langue.

Pour en savoir plus

Beaux seins, belles fesses

moyan bsbf.thumbnail Beaux seins, belles fessesEh non, ce billet ne traite pas du concours des plus belles fesses, mais de littérature!

Dans le cadre de la dernière Fureur de lire à  Genève, j’ai eu la chance d’entendre l’écrivain Chinois Mo Yan, dans une conférence avec ses traducteurs Liliane et Noël Dutrait, de l’Université de Provence. La présentation a eu lieu dans le très joli Musée des Arts asiatiques, Collections Baur, devant un auditoire d’une soixantaine de personnes, à  90% féminin ;-)

Cette rencontre était passionnante à  plus d’un titre. L’écrivain décrivit son parcours, expliqua comment il écrivait, dévoila un peu de son passé. S’il décrit aussi bien les scènes de la vie rurale, la vie des animaux, c’est qu’il a passé de longues heures à  garder les troupeaux. Grand lecteur, il a lu tous les classiques de la littérature chinoise et étrangère. Voltaire n’aurait plus de secret pour lui! Ses romans, il les a d’abord écrit dans sa tête, dans les nombreuses heures durant lesquelles il montait la garde du temps où il était dans l’armée chinoise. Il écrit désormais à  la main, délaissant les ordinateurs offerts généreusement par des constructeurs informatiques, parce qu’il va plus vite avec un stylo. Au début de sa carrière d’écrivain, les auteurs chinois étaient rémunérés au nombre de caractères. Ce n’est plus le cas aujourd’hui!

Les deux traducteurs ont expliqué leur méthode de travail, décrit les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Ils font partie des traducteurs qui ne se contentent pas de traduire une langue, mais défendent la position créatrice du traducteur. Traduit littéralement, l’ouvrage de Mo Yan aurait dû s’intituler « Gros seins, grosses fesses » mais à  la dernière minute d’entente avec l’éditeur, ils ont préféré une version plus « soft » qui passe mieux en français! La version française de ce roman comprend par ailleurs des parties inédites, censurées dans la version originale.

Dans cette interview parue en 2004 dans l’Humanité, Mo Yan, paysan affamé, devenu écrivain grâce à  l’armée dans laquelle il entra en 1976, explique son parcours.

Beaux seins, belles fesses est un beau et long roman qui raconte l’attachement d’un petit garçon, dernier né d’une famille de 8 filles, pour les seins de sa mère. Il raconte aussi le monde rural chinois, la situation de la Chine, tout au long du XXème siècle. Les notes de lecture sur le blog de Laurent celles sur En noir et bleu ou encore sur Lecture & Ecriture donnent vraiment envie de découvrir le livre durant les prochaines vacances.

Le titre n’est pas seulement dû à  la fixette sexuelle du fils de cette famille aux mâles si peu reluisants. Beaux seins, belles fesses, ce sont les caractéristiques des filles de la famille Shangguan. Et quelles filles ! D’abord, il y en a eu 8, pour un seul fils, alors que seul le garçon était désiré, au point que les noms des filles étaient tous synonymes de «en attendant le garçon» ou «pour faire venir le garçon» etc. et quand il fut venu, le garçon… eh bien, je vous dirai seulement qu’elles n’ont pas été déçues.

Toutes plus extraordinaires aussi les unes que les autres, ces huit soeurs. Quand elles ne sont pas Immortelles Oiseau (avec un succès relatif), elles épousent des hommes hors du commun. C’est sans doute pour faire pendant à  leur mère qui est vraiment loin, bien loin d’être n’importe qui.

Ce roman fleuve, saga familiale, semble être le récit de la vie de ce fils. Il semble être raconté par lui (par moment) ou par quelqu’un qui serait près de lui, mais en fait, si on y réfléchit bien je soutiens que c’est plutôt le récit de la vie de sa mère, et en second lieu de ses soeurs et encore, le récit de la vie en Chine durant ces terribles presque cent ans. Tout est raconté sans commentaire. Yan Mo nous livre l’histoire. C’est à  nous de voir ce que nous pensons de tout cela.