Chaque mois d’août depuis 1926, Genève fait la fête. Cette année, les Fêtes de Genève ont été renommées le Geneva Lake Festival, GLF ou #GLF16 pour les intimes. Pourquoi changer le nom? Ce serait pour marquer un renouveau dans le concept des Fêtes qui sentaient un peu la naphtaline. Mais on ne change pas impunément le nom d’un événement célèbre! Les passions se déchaînent dans les médias et sur les réseaux sociaux pour critiquer l’anglicisation de Genève, la perte de valeurs locales, les prix qui seraient prohibitifs, le manque d’attractivité des animations, la durée (10 jours) qui est trop courte, les feux d’artifice du 13 août qui sont payants, la direction du GLF qui est française, etc. Bref, le « c’était mieux avant » fait fureur, certains réclament même le retour du corso fleuri du siècle passé, c’est dire si les changements ont de la peine à passer!

GLF16-bar-de-la-plage

 

Première impression

Je suis allée faire un tour le 2ème soir d’ouverture sur la Rive droite. J’avais assisté au montage minutieux et professionnels des stands qui ont duré une dizaine de jours, je voulais voir le résultat. Cette année, tous les stands sont de blanc vêtus, sur les deux rives du lac. On a construit des planchers au-dessus des pelouses pour mieux les protéger et plusieurs stands immenses ont des terrasses en hauteur, pour abriter des espaces VIP à des prix adaptés à la clientèles des palaces 5 étoiles environnants.

What's on Geneva Lake Festival
Ce soir-là, ça manquait cruellement d’ambiance!  L’immense bar de la plage était quasi vide, les terrasses VIP aussi. Même sur la Terrasse, habituellement bondée en soirée. La scène était sensée accueillir un groupe, mais rien à l’heure indiquée par le Point information. « Il n’y a pas grand chose ce soir de ce côté », comme l’attestait son panneau « What’s on »! La musique live me semble très absente du GLF 2016, hélas.

Le lendemain, j’ai fait un tour Rive gauche. Peu de monde au jardin anglais, l’endroit habituellement bondé. Pas de musique live sur la petite scène coincée entre les arbres devant l’espace food trucks. L’espace les Terrasses diffusait une musique de club à haut volume, une demi-douzaine de gardes du corps musclés en filtraient l’entrée.  Pas très encourageant! Plus loin, le long du quai Gustave Ador, les échopes blanches des stands de nourriture se suivent en rang serrés. Mais l’espace est si étroit qu’il est difficile de se balader. Probablement tous ces gens se rendaient à la zone des manèges au-delà du jet d’eau ou vers les 2 seules scènes de musique situées au bout du quai. Curieux comme emplacement…

On peut se balader par contre sur les route en toute tranquillité  le week-end, les quais sont fermés à la circulation. Les zones sont protégées des méchants terroristes par des blocs de béton. C’est pour rassurer la population, selon les experts en sécurité. Impression un peu étrange, pas très festif tout ça. Attendons le week-end prochain pour voir si la sauce prendra ou si les Fêtes de Genève reviendront l’an prochain.

Geneva lake Festival 2016

Quelques prix

Sur les stands de la rive droite, on trouve un peu tous les prix. A part les terrasses en hauteur des palaces, les prix sont normaux (disons genevois!)  comme les cocktails de 10 à 15.- CHF, les plats thaïs ou chinois à moins de 20.- CHF, le hamburger de 10 à 12.- CHF, la pizza entre 18 à 22.- CHF, une spécialité brésilienne de viande à volonté pour 39.- CHF. Les eaux minérales à peu près partout à 5.- CHF et les bières vont de 5.- à 10.- CHF. Partout, des vins genevois – c’est obligatoire – à des prix suisses, le dl dès 4,50 CHF. Les massages thaïs sont à 25.- CHF les 15 minutes, prix suisses, oubliez la Thaïlande!

Le soir du feu d’artifice, les terrasses en bordure du lac seront prises d’assaut, les places doivent être réservées pour la soirée. On trouve des prix entre 95.- et 150.- CHF/personne, (repas compris) et jusqu’à 395.- CHF pour le rez-de-chaussée de l’espace de l’hôtel Kempinski, (185.- CHF pour les enfants), comprenant un buffet gastronomique, des vins locaux à discrétion, les feux et l’accès au Java Club sans table réservée. Par contre, si vous voulez avoir une table réservée à l’espace VIP du Kempinski  au premier étage, renseignement pris, il vous faudra débourser 2000.- CHF

Pour les manèges, compter au moins 10.- CHF pour les plus intéressants, mais n’étant pas trop fan et sans enfant/ado avec moi, je n’ai pas calculé le budget d’une visite en famille!

GLF16-grillades

Feux d’artifice

Cette année, il ne sera pas possible d’assister gratuitement aux feux d’artifice sur le Pont du Mont-Blanc, entièrement réservé aux places payantes (de 35.- à 95.- CHF) Pas de gradins, on s’assiéra sur des chaises en plastic toutes au même niveau sur plusieurs rangées. A voir… Les organisateurs garantissent que le public aura accès librement à la rade sur les espaces libérés par les stands, notamment au jardin anglais. Sur la Rive droite, les espaces libres de la rotonde du Mont-Blanc auront certainement du mal à absorber la foule hors des terrasses des restaurants et les stands en hauteur empêche la vue depuis la route, habituellement bondée. La sonorisation de la rade a été améliorée, la musique composée pour l’occasion devrait envahir tout cet espace le temps des feux. Plus loin, on pourra se brancher sur One FM qui diffusera la musique. A suivre ;-)

GLF16-terrasse

Et les feux d’artifice?

[ajouté le 16 août 2016]

Je suis allée voir les feux d’artifice de la soirée du 13 août, mais j’ai refusé de payer ma place, comme beaucoup de Genevois. Privatiser de cette manière l’espace public n’est pas acceptable, les politiques qui l’ont permis vont vite s’apercevoir de leur erreur! Si les élections communales auraient lieu en automne, le mécontentement de la population locale serait visible dans les urnes. Mais d’ici les prochaines votations, le peuple aura peut-être passé à autre chose!

Si les feux d’artifice étaient corrects, du moins le 50% de ce que j’ai pu apercevoir de loin, l’ambiance a été gâchée par l’impression de se voir refouler derrière de barrières par des gardes de sécurité très nombreux. Les routes fermées, les policiers en arme gardant les rues principales, le pont du Mont-Blanc privatisé pour les porteurs de billets (CHF 34.- à 95.-), les terrasses fermées au public, bref rien de festif. Dommage que Genève ne sache pas créer une atmosphère de fête pour tous, avec de la bonne musique, des plats divers et variée et des boissons à des prix raisonnables. Assistez une fois à la Züri Fäscht, vous verrez la différence :-)

Bilan général

Mon impression: mitigée, je dirais 50/50 de réussite ou de ratage, selon mon degré d’optimisme! Sur les réseaux sociaux, on s’agite, les mécontents s’expriment, fâchés que leurs avis ne soient pas mieux pris en compte dans les médias qui publient des avis largement positifs, les organisateurs semblent satisfaits, même si l’exercice est déficitaire, malgré – à cause – les prix prohibitifs. On peut d’ailleurs leur faire parvenir notre avis par email genevalakefestival@geneve.com, profitons-en!

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