Revoici le 8 mars, journée internationale de la Femme, occasion d’offrir ou de recevoir des fleurs ou des cadeaux, bref de traiter de la condition féminine. Contrairement à  certaine, ça ne m’énerve pas, ces journées dédiées à  des causes et utilisées par le merchandising mondial pour faire circuler quelques $. J’en profite même pour vous présenter ma femme du jour.

J’ai oublié son nom, mais pas l’histoire ni le sourire de cette jeune femme de 18 ans rencontrée sur la route menant de Dong Van à  Ha Giang, au nord du Vietnam. Avec sa soeur, elle participait au repiquage du riz, pendant que toute la famille, enfants compris, préparaient les rizières selon les méthodes ancestrales.

Appartenant à  l’ethnie des Lo Lo (si ma mémoire est bonne) elle ne porte plus les habits traditionnels, peu adaptés aux travaux des champs dans la chaleur et l’humidité. Son look était résolument moderne, quand bien même sa situation ne l’était pas. Cette jeune fille nous expliqua qu’elle venait de terminer son bac à  Hanoi et faute d’argent pour continuer des études, elle n’avait d’autres solutions que de revenir dans sa famille pour aider à  la culture du riz.

Peut-être un jour un jeune homme l’emmènera à  la ville pour tenter une vie meilleure, mais le travail dans la rizière ne l’effrayait pas, disait-elle en riant aux éclats. Point d’année sabbatique après ses études, pas de séjours linguistiques dans des campus pour jeunes filles aisées, pas de voyage découverte. Le jeune guide de Hanoi qui m’accompagnait serait bien resté lui faire un peu plus de causette, mais n’était vraiment pas intéressé à  la vie dans ce petit village.

Je pense à  elle et à  sa famille quand j’achète un kilo de riz à  3 francs …

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