Ce week-end n’est pas seulement la Fête de la musique, mais également la journée du réfugié 2009.

Pour sensibiliser le public, l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés OSAR a lancé une campagne d’affichage pour combattre et démonter les préjugés dont les réfugiés font l’objet. Les slogans stigmatisant les demandeurs d’asile et réfugiés nourrissent les discussions de café du commerce  et envahissent les bistrots comme les commentaires des articles et blogs diffusés dans les médias suisses.

Je ne suis pas certaine que ces affiches chocs atteindront vraiment  leur but. Reprendre les slogans négatifs pour les dénoncer n’a pas toujours l’effet escompté. Ceux qui sont persuadés que les réfugiés sont tous des profiteurs ne changeront probablement pas d’avis, bien au contraire.

Journée du réfugié 2009

Voici ce que dit un ancien réfugié aujourd’hui conseiller national, Antonio Hodgers, dans un discours prononcé hier au HCR(PDF) :

Bien qu’au niveau juridique je n’en aie plus le statut formel, au fond de moi, je resterai toujours un réfugié. L’exil forcé laisse des traces irréversibles, comme les branches cassées sur un arbre. Cela n’empêche ni de grandir, ni de nouvelles branches de pousser, mais la sensation qu’il manque quelque chose ne disparaît jamais pleinement. On apprend à vivre avec, mais on ne l’oublie pas.

Au sujet de la politique fédérale, vous le savez mieux que moi, la situation pour les
demandeurs d’asile en Suisse s’est largement détériorée ces dernières années.

[…] une très large partie de la population suisse pense que les étrangers abusent de l’hospitalité du pays alors que leur vécu quotidien, qu’il soit professionnel, social ou même familial, leur prouve le contraire. Ces 20 dernières années, la droite conservatrice de ce pays a parfaitement réussi à faire des étrangers les boucs émissaires des maux et des frustrations collectives. Mais ce qui m’attriste le plus, c’est que ce phénomène est d’une angoissante banalité historique. Il se répète et se répète encore.

Les critiques à l’égard des réfugiés sont cependant devenues plus subtiles. On ne remet pas en cause le droit d’asile dans son principe, mais dans ses abus. Dès lors, ça permet d’être incisif contre les étrangers, tout en sauvegardant sa bonne conscience. Le problème, c’est que dans certains esprits, tout devient abus. Les critères d’admission à l’asile sont si sévères que la plupart des requérants vivent avec un statut provisoire pendant des années, suspendus dans leur exil sur le pas de porte helvétique. Cette situation doublée d’une interdiction de travailler est un frein extrêmement fort à l’intégration.

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